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Bernhard Waldenfels ou le doux décalage de l'arpenteur | |
| par Francesco Gregorio | ||
Ma source principale est un entretien que Waldenfels a donné sous le titre « Chaque proposition philosophique est en mouvement, désordonnée ». Le titre que j'ai choisi pour cette esquisse biographique est un collage de deux réponses que Waldenfels donne à son interlocuteur. Dans la première réponse, il mentionne ce qu'il vise quand il lit un texte: il cherche à opérer un détour pensif (Umdenken) qui se présente sous la forme d'un doux déplacement des poids qui autorise des erreurs fécondes (« sanfte Verschiebung von Gewichten, die auch lehrreiche Irrtümer zulässt » (p. 437)). La seconde réponse convoque l'arpenteur de Kafka. Waldenfels déclare que l'arpenteur est une figure de l'étrangeté pour laquelle il a une relation toute particulière (« Der Landvermesser ist ja eine Fremdheitsfigur. Zum Landvermesser habe ich auch eine besondere Beziehung », p. 455). (...) » ! |
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introduction à Bernhard Waldenfels | |
| par Michel Vanni | ||
« La pensée de Bernhard Waldenfels occupe une place de plus en plus importante dans la philosophie contemporaine allemande. Elle est en revanche trop peu connue et surtout à peine traduite en France et plus généralement dans le domaine francophone. Un simple coup d’œil à sa bibliographie suffit pour s’en convaincre : aucun de ses 23 ouvrages n’a encore été traduit, et sur plus de 170 articles à peine une douzaine sont disponibles en français, alors que ses textes sont traduits dans de nombreuses langues, du japonais au serbo-croate. La chose est d’autant plus paradoxale que Bernhard Waldenfels est en Allemagne le spécialiste incontesté de la phénoménologie française, et qu’il est notamment traducteur de Merleau-Ponty. (...) » ! |
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Prises et dommage : scolies à "l'insurrection qui vient" | |
| par Maxime Laurent | ||
« Du texte du Comité, me reste l’impression d’une lutte entrelacée ; aucune force ne s’y déploie sans s’exposer, sans offrir à l’adversaire une occasion de l’entraver – voire de l’annihiler. Cette réversibilité concerne d’abord la prise que le présent exerce sur chacun sur nous. En nous enfermant dans notre moi, il laisse s’accumuler les larmes qui ne manqueront pas de fuser, un jour, en un geyser ravageur. C’est la ligne qui court du premier cercle au manager assassin de la fiction finale. Les individus que forme notre présent sont autant de bombes à retardement qui le menacent. A un autre niveau, c’est toute la société qui est entraînée dans ce devenir-bombe : « la pression monte dans la marmite sociale ». En ce sens, le texte annonce un surcroît de violence bien davantage qu’il n’y invite. Il n’appelle qu’à l’organisation de cette violence, sans quoi les émeutes, les effondrements psychiques, les sabotages demeureront sans conséquences – un instant inquiétés, les processus qui les ont produits se recomposeront sans fin. Cette réversibilité trouve peut-être son exemple le plus net dans la fragilité des réseaux. De diverses cibles que désigne le Comité, c’est du moins la pus fréquemment mentionnée. Déployés entre les isolats en guise de relationnalité contrôlable, consacrant leur circulation et leur déterritorialisation aliénante, les réseaux offrent aussi une résonance maximale aux attaques portant sur leurs points nodaux. L’interdépendance généralisée qu’ils assurent tend à exposer l’ensemble du système à chacun de ses carrefours. (...) » ! |
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Traduction et étrangeté | |
| par Arno Renken | ||
Discours tenu à l’occasion de la remise du Prix Raymond Aron pour les traductions franco-allemandes en sciences humaines et sociales, le 29 octobre 2009 à l'Hôtel de Beauharnais, Paris. « Madame, Monsieur l’Ambassadeur, chers représentants de la DVA-Stiftung et de la Robert Bosch Stiftung, chers Membres du jury du Prix Raymond Aron, cher Bernhard Waldenfels, chers amis. Pour vous remercier de ce Prix et de cet encouragement si généreux et si précieux, permettez-moi, au nom des quatre traducteurs et du Groupe de la Riponne, de dire en guise de réponse quelques mots sur la traduction et, puisque c’est le sujet du livre de Bernhard Waldenfels que nous avons traduit, sur l’expérience de l’étranger. Laissez-moi commencer par deux postulats sur ce que semble être la fonction de la traduction aujourd’hui. Premier postulat, andante : la traduction a pour fonction de désespérer les traducteurs. Deuxième postulat, allegro ma non troppo : la traduction a pour fonction de mettre d’accord les intellectuels. (...) » ! |
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Mésentente sur la question d’un héritage : la controverse Eribon-Michon | |
| par Emanuel Landolt | ||
« Dans ce petit texte nous allons examiner deux livres qui mettent en jeu deux rapports contrastés à l’héritage de la pensée critique française (French Theory), dans une perspective de critique radicale du système actuel. Le livre de Pascal Michon propose de revisiter les concepts des sciences humaines et des théories dites intermédiaires à la lumière de la notion de rythme et de leur réinscription historique radicale. L’autre texte de Didier Eribon enquête sur le parallèle entre la révolution conservatrice dans la pensée française des années 80 et ses conséquences sur la gauche française, afin de revisiter les enjeux actuels d’une vrai politique de gauche. C’est parce que ces deux textes s’inscrivent dans deux univers de pensée proches (ils sont tous les deux fils de la pensée critique des années 60), mais avec des conclusions radicalement opposées sur les solutions aux maux actuels, que leur dialogue fécond peut nous permettre de mieux comprendre la diversité des héritiers actuels en France de Deleuze, Derrida, Foucault, Bourdieu, etc…(...) » ! |
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Projections d'Europe | |
| collectif | ||
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