Depuis 2012, le GR collabore avec la revue interdisciplinaire A Contrario, en coordonnant tous les deux ans un numéro


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Revue interdisciplinaire de sciences sociales

La locu­tion latine a con­trario, dont cette revue tire son nom, souligne notre attache­ment à une vieille leçon hégéli­enne, dis­ant de la pen­sée qu’elle est, en vérité, la néga­tion de ce qui est immé­di­ate­ment devant nous ; elle exprime en outre notre con­vic­tion que faire œuvre de sci­ence relève en par­tie de cette capac­ité à aller con­tre sa pro­pre for­ma­tion. L’interdisciplinarité représente quant à elle ce qui peut don­ner une forme à un engage­ment de cette sorte dans un monde habitué à penser la sci­ence au moyen des notions de dis­ci­plines, sous-disciplines et spécialités.

Force est pour­tant de recon­naître que l’interdisciplinarité est le plus sou­vent un slo­gan com­mode qui laisse entrevoir l’idéal d’un monde sci­en­tifique, espace pub­lic exem­plaire, où tout un cha­cun serait con­vié à com­mu­ni­quer et à échanger libre­ment avec les autres pour et par amour de la sci­ence… S’agit-il en somme d’éditer des ouvrages col­lec­tifs avec des con­tri­bu­tions por­tant cha­cune le sceau de la dis­ci­pline d’appartenance de celui ou celle qui l’a écrite ? Il reviendrait alors, dans la majeure par­tie des cas, à la lec­trice ou au lecteur de pro­duire la réflex­ion inter­dis­ci­plinaire, de créer l’unité du pro­duit qui sinon ne serait garantie que matérielle­ment par la reli­ure de l’ouvrage.

Sous quelles con­di­tions l’interdisciplinarité peut-elle alors présen­ter un intérêt du point de vue de la con­nais­sance sci­en­tifique ? Ce terme ne ren­voie en fait ni à une démarche, ni à une méth­ode, ni à une théorie par­ti­c­ulière. Pour nous, l’interdisciplinarité résulte plutôt d’une prise de con­science réflex­ive sur les espaces de pro­duc­tion sci­en­tifique et appa­raît comme une mise en garde, un « principe de pré­cau­tion » con­tre les représen­ta­tions « naturelles » du monde sci­en­tifique insti­tu­tion­nal­isé qui con­tribuent à la pré-construction des objets d’analyse.

Cette vision de l’interdisciplinarité recou­vre un cer­tain nom­bre de pra­tiques dont deux sont par­faite­ment iden­ti­fi­ables : la pre­mière con­siste à « emprunter » des con­cepts, des méth­odes et des théories forgées au sein d’autres dis­ci­plines pour les faire tra­vailler sur des objets cen­sés relever de la dis­ci­pline impor­ta­trice ; la sec­onde englobe des ten­ta­tives d’élargissement du champ d’application de théories forgées au sein d’une dis­ci­pline pré­cise à des objets rel­e­vant, tou­jours a pri­ori, d’autres dis­ci­plines. Mais la valid­ité de ces pra­tiques dépend étroite­ment de critères tout à la fois éthiques et épisté­mologiques. Ces critères sont bien entendu là pour éviter qu’une ten­ta­tive de décloi­son­nement dis­ci­plinaire ne se trans­forme en entre­prise util­i­tariste, folk­lorique voire impéri­al­iste.
Ainsi, don­ner un con­tenu et une forme à ce point de vue sur l’interdisciplinarité con­stitue l’objectif prin­ci­pal de la revue a con­trario.

Pour une présen­ta­tion plus com­plète de la revue, vis­itez son site web.

Présen­ta­tion de la revue copiée de http://www2.unil.ch/acontrario/pres_nous.htm